Qu’est-ce que la personnalité?

Pour bien se comprendre, il est important de bien comprendre comment on définit les choses. C’est pourquoi il m’apparaît important de débuter ce blog par un texte qui répond à une question fréquemment posée : « Qu’est-ce que la personnalité? ».

Il existe plusieurs définitions de la personnalité, dépendamment du contexte, des préoccupations des auteurs ou des facettes qu’on cherche à mettre de l’avant.

Un premier énoncé, suffisamment large et inclusif, pourrait s’énoncer ainsi :

« La personnalité est constituée de modes de comportements distinctifs, incluant des pensées et des émotions, qui caractérisent la manière dont une personne s’adapte à la vie. »

Je crois que cet énoncé couvre assez bien l’ensemble des réalités qu’on cherche à décrire lorsqu’on parle de personnalité. Cependant, cette définition suscite immédiatement un questionnement supplémentaire, à savoir comment une personne en vient à développer des traits de personnalités spécifiques plutôt que d’autres?

Les facteurs qui influencent le développement de la personnalité

En fait, le consensus en Psychologie identifie, selon moi, deux types de facteurs qui contribuent à la construction de notre personnalité :

  1. Les facteurs innés, c’est-à-dire présents à la naissance;
  2. Et les facteurs acquis, plus particulièrement l’histoire de vie et les interactions sociales.

Au niveau des facteurs innés, on peut identifier:

  • des facteurs intrinsèques (ou internes) comme, par exemple, le tempérament, c’est-à-dire un mode inné de façons de réagir spontanément aux stimuli extéRésultats de recherche d'images pour « nourrisson »rieurs (par exemple certains nouveau-nés sont plus contemplatifs tandis que d’autres sont plus actifs et physiques, ou exigeants et portés aux crises de colères ou de larmes) et,
  • des facteurs extrinsèques (ou externes) comme la personnalité des parents, le nombre et l’âge des frères et sœurs, le type de milieu social, les valeurs familiales et culturelles, etc.). Il serait donc erroné ou trop restrictif de n’associer les facteurs innés qu’à l’hérédité ou la génétique. Bien sûr, la génétique a un rôle à jouer dans la construction de la personnalité mais plusieurs autres facteurs interagissent et y contribuent.

Il ne faut donc pas confondre facteurs innés et génétique. C’est beaucoup plus large que cela.

Au niveau des facteurs acquis, on pense surtout aux événements de la vie qu’ils soient très marquants ou un peu moins, mais surtout aux interactions sociales et à leur cumul puisque les choix de traits de personnalités qui seront privilégiés visent précisément à permettre une meilleure adaptation sur le plan des relations avec les autres.

Par exemple, si on prend comme exemple d’interaction sociale un enfant qui prend son biberon avec sa mère, on réalise assez rapidement queImage associée cette interaction peut prendre différentes formes selon que la mère est distraite, peu présente parce préoccupée par des situations familiales ou financières ou qu’elle est plutôt envahissante, inquiète de la santé de son enfant pour différentes raisons (santé fragile de l’enfant, perte d’un autre enfant, etc.). En général, la personnalité en développement sera plus particulièrement marquée par les patterns d’interaction sociale qui se répètent ou son intenses sur le plan émotif.

Il faut aussi préciser que les interactions sociales peuvent prendre certaines formes privilégiées sous l’influence de d’autres facteurs, comme par exemple, les facteurs innés. Ainsi, si un enfant est plutôt passif, peu réactif de tempérament, il peut donner l’impression d’avoir moins de besoins (ou des besoins moins pressants) qu’un autre enfant et amener sa mère à lui être moins attentive. À l’inverse, un nourrisson au tempérament plus agressif peut-être envahissant et amener également son parent à s’en détacher.

Il y a donc un nombre infini de facteurs, et de combinaisons de facteurs, qui contribuent à la construction de notre personnalité.

Très vite, l’enfant, dont la personnalité se construit, va accumuler ces expériences d’interactions sociales et les synthétiser en un système de mécanismes de défense et de façons de réagir adapté à son milieu de vie. L’objectif de ce processus de développement est de pouvoir s’adapter aussi bien que possible à son milieu familial. Conséquemment, un milieu familial malsain produira généralement des façons de réagir rigides tandis qu’un milieu familial sain permettra davantage de flexibilité et de nuances (puisqu’on peut y prendre plus de risques sans pour autant être rejeté ou se sentir menacé).

À ce processus, s’ajoutent aussi, occasionnellement, des situations de vie qui forcent un réaménagement parfois brutal de la configuration de traits de personnalité initiale.

Par exemple, un enfant très affirmé et qui aime bouger, pourrait, face à une séparation parentale amenant la perte, ou la quasi perte, d’un parent, devenir tout à coup timide, effacé, ayant vécu cet événement comme la conséquence de ses comportements dérangeants et comme la cause du conflit parental. Il s’agît de rappeler que la pensée d’un enfant n’est pas encore comme celle de l’adulte et sera, globalement, caractérisée par un égocentrisme normal qui découle d’un besoin de maîtrise insatisfait (c’est-à-dire voir les choses comme se rapportant à soi pour avoir l’impression d’un sentiment de contrôle).

Comprendre comment se construit une personnalité, pour mieux se comprendre

Il faut donc garder à l’esprit que notre personnalité, et celle des autres, est le résultat d’un processus extrêmement complexe, qui se compare en complexité avec, par exemple, les systèmes météorologiques (systèmes chaotiques).

Comme avec la météo, on peut probablement identifier de grandes tendances sans pouvoir expliquer avec précision la formation des systèmes qu’on cherche à comprendre.

Autrement dit, si, en météorologie on peut identifier certains typeRésultats de recherche d'images pour « nuages forme spéciale »s de nuages (ex. cumulus) ou prévoir qu’il pleuvra sur un certain territoire, il est plutôt vain de chercher à expliquer pourquoi tel nuage a telle forme ou telle autre forme.

De la même façon, au niveau de la personnalité, on peut distinguer certains types de traits de personnalité, mais il faut garder à l’esprit qu’ils ne sont pas tous pareils ou équivalents.

Il serait aussi inutile, sauf dans des situations d’abus ou de violence, d’en attribuer la faute à soi-même ou aux autres (ex. parents). La personnalité se développe constamment, souvent sans qu’on en ait conscience.

Auteur : Sébastien Trinh

Sébastien Trinh est psychologue depuis 1999. Il a travaillé en Centre de Crise de Québec et dans des établissements publics en santé mentale. M. Trinh est spécialisé au niveau du traitement des troubles de la personnalité et de différents troubles relationnels.

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